Le crowdfunding immobilier se casse méchamment les dents

Le crowdfunding immobilier se casse méchamment les dents

Le crowdfunding immobilier, autrefois perçu comme une opportunité d’investissement accessible et prometteuse, connaît aujourd’hui des turbulences sans précédent. Alors que de plus en plus d’investisseurs se tournent vers cette méthode pour diversifier leur portefeuille, les risques associés n’ont jamais été aussi élevés.

Les récents bouleversements économiques, les fluctuations du marché et les incertitudes réglementaires contribuent à un climat d’incertitude croissante. Cet article explore les raisons derrière cette montée en risque et offre un éclairage sur les précautions à prendre avant de s’engager dans ce type d’investissement. Découvrez pourquoi la prudence est désormais de mise dans le monde du crowdfunding immobilier.

Augmentation des litiges dans le crowdfunding immobilier

Le secteur du crowdfunding immobilier connaît une hausse significative des litiges depuis deux ans, selon Marielle Cohen-Branche, médiateur de l’Autorité des marchés financiers (AMF). En effet, les dossiers traités par ses services ont augmenté de 110% entre 2022 et 2023.

Cette tendance semble se poursuivre en 2024, comme indiqué dans son rapport annuel. Les principales causes de cette augmentation sont les retards dans le paiement des intérêts et la prorogation des emprunts obligataires, souvent dus à un marché immobilier en ralentissement et à la hausse des coûts de crédit.

Problèmes récents et causes des retards

L’investissement en crowdfunding immobilier, autrefois perçu comme relativement sûr, est désormais marqué par une augmentation notable des retards de paiement. En 2021, le taux de retards non contractuels était de 6,61%, mais il a grimpé à 20-25% en 2023, selon le baromètre annuel de Mazars et Financement participatif France (FPF).

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Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation du coût du crédit immobilier, qui a freiné les projets immobiliers et réduit l’activité des promoteurs. Les investisseurs se retrouvent ainsi confrontés à des prolongations de projets et à des paiements d’intérêts retardés, exacerbant les tensions dans ce secteur.

Nouveau cadre réglementaire et impact sur les investisseurs

Depuis le 11 novembre 2023, un nouveau cadre réglementaire impose des obligations strictes aux prestataires de services de financement participatif (PFSP). Ces derniers doivent désormais fournir une information claire et complète sur les risques associés aux investissements.

De plus, ils sont tenus de mettre en place un parcours spécifique pour les investisseurs non avertis, et limitant leur investissement à 5% de leur patrimoine net ou à 1 000 euros. Cette régulation vise à protéger les investisseurs contre les retards de paiement et la prorogation des emprunts obligataires, problèmes récurrents dans le secteur.

En conséquence, les investisseurs peuvent espérer une meilleure transparence et une réduction des litiges liés aux projets de crowdfunding immobilier.

justin malraux

Fondateur du magazine Devenir Rentir, éditeur de plusieurs sites web spécialisés dans les finances personnelles et l'investissement.